L’un des principaux soutiens du sionisme a publié un essai* qui marque un tournant évident — et révèle une fissure réelle dans le projet sioniste. Sans renoncer explicitement au sionisme, Yuval Noah Harari démonte plusieurs de ses piliers moraux fondamentaux. Il rejette clairement l’idée selon laquelle les Juifs seraient les « peuples autochtones originels » de la terre, nie que les royaumes antiques ou les événements de l’époque romaine puissent fonder des droits politiques modernes, et affirme que l’histoire ne peut servir d’acte de propriété. À elle seule, cette position constitue une rupture majeure avec la justification sioniste classique. Plus frappant encore, il reconnaît qu’au début du XXᵉ siècle, les Palestiniens disposaient d’un droit plus fort sur la terre que les immigrants juifs, et que l’antisémitisme européen n’était ni leur faute ni leur responsabilité. Le sionisme apparaît ici non comme un retour historique inévitable, mais comme un projet politique minoritaire, c...