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Changement de régime — ou quand les vents ne soufflent pas en faveur des navires

 Chaque fois que des pays puissants, comme les États-Unis, parlent de changement de régime, ils devraient réfléchir aux conséquences. L’Irak montre comment l’intervention étrangère peut se retourner contre ceux qui l’entreprennent. L’Irak était autrefois un pays laïque et unifié. Après les invasions américaines et le changement de régime — notamment en 2003 — ses institutions se sont effondrées, et la politique confessionnelle est devenue dominante. Au lieu de restaurer un État laïque, le nouveau système s’est organisé autour de l’identité religieuse et des factions divisées, rendant la politique instable et fragmentée. Aujourd’hui, 35 ans après la première attaque américaine en 1991, l’Irak ne peut toujours pas former un gouvernement stable en raison des désaccords entre les blocs, et le pays accueille plusieurs présences militaires étrangères — les États-Unis, la Turquie, l’OTAN et des groupes armés soutenus par des puissances régionales. L’ambassade américaine a été attaquée à p...
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Vers la fin de l’agression israélo-américaine contre l’Iran et le triomphe de la justice

 L’agression menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran, initialement prévue pour quelques jours, est maintenant dans sa troisième semaine. Comment cette guerre se déroule-t-elle ? Et surtout, qui va la gagner ? Les enjeux militaires sont élevés et la censure est forte, notamment en Israël. Pourtant, il est possible de tenter une réponse à partir des éléments disponibles. Le coût matériel atteint près d’un milliard de dollars par jour. La hausse mondiale du pétrole et du gaz pèse surtout sur l’Europe. Une opposition pourrait croître aux États-Unis, surtout dans les milieux d’affaires sensibles aux coûts et aux risques d’instabilité. L’opinion publique y reste réticente à une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Les destructions en Iran sont importantes, mais Israël subit aussi des dégâts considérables. L’Iran montre une résistance inattendue et une énergie que beaucoup n’avaient pas anticipées. L’histoire récente offre des leçons : les États-Unis ont échoué dans des guerres longu...

Les fleurs des larmes

 Il m’arrive parfois de lire un livre qui me touche au plus profond, non seulement par son contenu et son message, mais aussi par la présence vivante de celle qui l’a écrit. Jeanne Baillaut, l’autrice de ce troisième recueil de poésie libre intitulé Des larmes et des fleurs, est une jeune femme dans l’âme, âgée de 91 ans. Française, elle est née en Espagne où elle a vécu trois ans avant de rejoindre la France, où elle a grandi et vécu jusqu’en 1956. Cette année-là, elle voyage au Maroc, puis deux ans plus tard elle émigre au Canada, où elle réside encore aujourd’hui. Sa vie a été riche d’expériences et d’engagements, et elle a apporté à la communauté francophone sa sensibilité et sa contribution culturelle avec constance et générosité. Les textes réunis dans ce recueil ne sont pas des poèmes au sens strict. Ils relèvent plutôt d’une prose poétique, d’une écriture qui s’apparente à la parole, faite pour être dite, entendue et ressentie. Jeanne elle-même l’exprime ainsi : « J’écris c...

“Epstein” montre la voie vers la fin de l’impunité

 L’affaire Jeffrey Epstein (2005-2019) n’est pas une anomalie historique. Elle s’inscrit dans la continuité de scandales où des individus puissants ont abusé de leur position pour exploiter des personnes vulnérables. Parmi les précédents : l’affaire Marc Dutroux en Belgique (1996-2004) ; l’affaire Jimmy Savile au Royaume-Uni (1960‑2000, révélée en 2012) ; l’affaire Harvey Weinstein aux États-Unis (révélations 2017, procès 2020), qui a déclenché le mouvement #MeToo ; et l’affaire NXIVM (1998-2018) dirigée par Keith Raniere. Des contextes différents, mais un même mécanisme : influence sociale, réseaux de protection, silence prolongé. Ces affaires montrent comment le pouvoir permet à certains de transformer leur position dominante en impunité. Ce n’est pas seulement une question morale individuelle, mais de structures qui protègent et retardent la révélation des faits. Aujourd’hui, ces révélations dévoilent un craquement dans l’édifice du pouvoir — un signe positif que des structures ...

“Epstein” montre la voie vers la fin de l’impunité

L’affaire Jeffrey Epstein (2005-2019) n’est pas une anomalie historique. Elle s’inscrit dans la continuité de scandales où des individus puissants ont abusé de leur position pour exploiter des personnes vulnérables. Parmi les précédents : l’affaire Marc Dutroux en Belgique (1996-2004) ; l’affaire Jimmy Savile au Royaume-Uni (1960‑2000, révélée en 2012) ; l’affaire Harvey Weinstein aux États-Unis (révélations 2017, procès 2020), qui a déclenché le mouvement #MeToo ; et l’affaire NXIVM (1998-2018) dirigée par Keith Raniere. Des contextes différents, mais un même mécanisme : influence sociale, réseaux de protection, silence prolongé. Ces affaires montrent comment le pouvoir permet à certains de transformer leur position dominante en impunité. Ce n’est pas seulement une question morale individuelle, mais de structures qui protègent et retardent la révélation des faits. Aujourd’hui, ces révélations dévoilent un craquement dans l’édifice du pouvoir — un signe positif que des structures autre...

Fissures dans les fondations de l'entité sioniste

L’un des principaux soutiens du sionisme a publié un essai* qui marque un tournant évident — et révèle une fissure réelle dans le projet sioniste. Sans renoncer explicitement au sionisme, Yuval Noah Harari démonte plusieurs de ses piliers moraux fondamentaux.  Il rejette clairement l’idée selon laquelle les Juifs seraient les « peuples autochtones originels » de la terre, nie que les royaumes antiques ou les événements de l’époque romaine puissent fonder des droits politiques modernes, et affirme que l’histoire ne peut servir d’acte de propriété. À elle seule, cette position constitue une rupture majeure avec la justification sioniste classique. Plus frappant encore, il reconnaît qu’au début du XXᵉ siècle, les Palestiniens disposaient d’un droit plus fort sur la terre que les immigrants juifs, et que l’antisémitisme européen n’était ni leur faute ni leur responsabilité. Le sionisme apparaît ici non comme un retour historique inévitable, mais comme un projet politique minoritaire, c...

La Justice du côté du peuple palestinien

Le 19 juillet 2024 marque une victoire immense pour la justice, qui s'est clairement prononcée en faveur des droits du peuple palestinien.  La Cour internationale de justice (CIJ) a rendu un avis déclarant que l'occupation des territoires palestiniens par Israël est illégale. Elle a exigé que tous les États agissent pour mettre fin à cette occupation et qu'Israël verse des réparations aux Palestiniens ayant souffert de cette situation.  Il faut rappeler que cet avis fait suite à une décision récente de la Cour demandant à Israël de cesser toute action à Gaza susceptible de constituer un génocide. Cet avis de la CIJ va renforcer les pressions internationales sur Israël. Bien que cela prendra du temps, à l'instar de la suppression de l'apartheid en Afrique du Sud, il ne fait aucun doute que la justice prévaudra et que les Palestiniens retrouveront leur droit à l'autodétermination. Benyounès Saidi