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Zoom sur les coups d'État en Afrique

Ces coups d'État ont une histoire. Durant la période coloniale, au cours de laquelle les puissances impériales européennes ont subjugué les peuples africains, pillé et détruit leurs pays pendant des décennies voire des siècles, ces derniers ont commencé résister grâce à des leaders historiques tels Patrice Lumumba, Sékou Touré, Abdelkrim Al Khattabi, Jomo Kenyatta, Kwame Nkrumah, Nelson Mandela et tant d'autres. Après avoir récupéré leur indépendance politique au cours des années 50- 60 après de longues et sanglantes luttes, les pays africains ont commencé à rebâtir leurs pays dans des conditions extrêmement difficiles. 


Mais les puissances coloniales, et la France en particulier, ont tout fait pour freiner ces pays. Des mercenaires, tels le français Robert Denard, ont mené toutes sortes d'actions pour faire tomber les gouvernements jugés trop nationalistes. Selon certaines sources, de 1963 à 2016, plus de 20 présidents africains en fonction ont été assassinés, parmi lesquels Patrice Lumumba (République démocratique du Congo, Ruben Um Nyobé (Cameroun), Barthélemy Boganda, (République centrafricaine), Félix Moumié  (Cameroun), Thomas Sankara (Burkina Faso) plus tard, et tant d'autres. C'est au cours de cette période post coloniale que la France en particulier a installé dans plusieurs pays des régimes choisis par la France, en utilisant quelque fois des "élections démocratiques" ou plus correctement des "coups d'État institutionnels" (1) pour installer leurs marionnettes. Cette période a duré en gros depuis des années 70 jusqu'à aujourd'hui.


Comme tout change, de nouveaux dirigeants qui ne sont pas unféodés à l'ancienne puissance coloniale et qui n'ont pas le complexe du colonisé, sont apparus. Ils ont profité des changements intervenus entre temps: la fin de "la guerre froide", la fin d'un monde unipolaire dominé par l'Occident et à sa tête les États-Unis, et l'apparition de nouvelles puissances qui reflètent les intérêts de leur pays, la mondialisation, les avancées technologiques, en particulier l'internet, la diffusion de l'information, etc. Ces nouvelles élites veulent défendre les intérêts de leurs pays avant tout. Des avancées démocratiques ont été arrachées ici et là et lorsqu'elles ont rencontré des obstacles infranchissables, les nouveaux dirigeants ont recouru aux coups d'État. Nous sommes exactement dans cette période et c'est à de tels changements que nous assistons.


Bien sûr les puissances neo-coloniales font tout ce qu'elles peuvent pour freiner ce mouvement, mais le vent de l'Histoire, comme il a balayé la période coloniale est en train de balayer la période post coloniale.


Benyounes Saidi


(1) Selon l'heureuse formule de Josep Borrel, chef de la diplomatie européenne, pour désigner les dernières "élections" au Gabon par Ali Bongo.

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